Selon le recensement de l'Insee de 2022, cité par la Ville de Paris, 10,1 % des Parisiens qui travaillent se rendaient à leur travail à vélo, contre 9 % en voiture ; en 2015, la proportion était de 4,2 % contre 12,3 %. Ces chiffres ne concernent, certes, qu'une catégorie de déplacements, et ceux des actifs de la ville, mais ils n'en signalent pas moins un basculement : en sept ans, le vélo est passé du statut de curiosité à celui de mode de déplacement qui compte. Reste à savoir comment s'y retrouver lorsqu'on arrive dans la capitale, que l'on dispose ou non de son propre vélo.

Un réseau qui s'étend, des chiffres qu'il faut dater

La Ville indique que, fin 2025, Paris comptait 1 607 km d'aménagements pour les vélos, dont 31 km créés en 2025, soit une progression de 2 % en un an. Ce chiffre provient de Paris.fr, et il convient de le citer avec sa date et sa source, car il regroupe des réalités très diverses, pistes, bandes et voies partagées, et ne saurait être comparé tel quel à d'anciens totaux, par exemple aux « plus de 1 000 km » annoncés vers 2021, les méthodes de comptage n'étant pas les mêmes. Un kilométrage n'a de sens que rapporté à sa définition, et cette prudence vaut pour toutes les statistiques de ce genre.

Derrière les chiffres, il y a des plans successifs. Le premier, couvrant les années 2015-2020, représentait 150 millions d'euros. Le Plan Vélo 2021-2026, annoncé en octobre 2021, prévoit pour sa part 250 millions d'euros, 180 km de pistes supplémentaires et 130 000 places de stationnement, avec l'ambition affichée d'un Paris « 100 % cyclable ». Entre les deux s'inscrit l'épisode du printemps 2020 : pendant la crise sanitaire, une cinquantaine de kilomètres de pistes provisoires, les « coronapistes », ont été créés, et la plupart ont été pérennisés, ce qui montre qu'une mesure d'urgence peut devenir, quand elle répond à un besoin, un acquis durable.

Vélib' : d'un pari de 2007 à un service métropolitain

Le système de vélos en libre-service a démarré le 15 juillet 2007, avec 10 648 vélos répartis dans 750 stations, sous l'exploitation de JCDecaux. Depuis le 1er janvier 2018, c'est Smovengo qui l'exploite, sous le nom de Vélib' Métropole, dans le cadre d'un contrat qui court jusqu'en 2032. Le début de cette nouvelle période a été difficile, marqué par de nombreux dysfonctionnements, ce qui rappelle qu'un service public se juge moins à ses promesses qu'à sa régularité au quotidien.

D'après Wikipédia, qui donne l'état du service en novembre 2025, environ 20 500 vélos circulaient alors, dont 35 % à assistance électrique, et le réseau comptait plus de 1 500 stations, desservant 65 communes. Là encore, les chiffres évoluent sans cesse : mieux vaut consulter le site officiel pour connaître la situation actuelle.

Les règles : une grammaire à apprendre

Rouler à Paris suppose de maîtriser quelques règles qui, pour un visiteur, ne vont pas de soi, et qui expliquent bien des malentendus entre cyclistes, piétons et automobilistes :

  • Double sens cyclable – dans les rues en zone 30 (à Paris, la limite est de 30 km/h presque partout), les cyclistes peuvent en général rouler dans les deux sens, sauf signalisation contraire. Regardez donc attentivement les panneaux.
  • Cédez le passage cycliste au feu – là où un petit panneau (M12) l'autorise, on peut franchir le feu rouge pour tourner à droite ou aller tout droit, à condition de céder le passage aux piétons et aux autres véhicules. Partout ailleurs, le feu rouge s'applique aux cyclistes comme à tout le monde.
  • Sas vélo – devant les feux, une zone est réservée aux vélos, et l'automobiliste n'a pas à s'y arrêter.
  • Casque – obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, il est vivement conseillé à tous.
  • Éclairage et sonnette – indispensables, surtout la nuit.

Prudence et antivol

La sécurité repose sur quelques réflexes, dont aucun n'est spectaculaire. Gardez la distance d'une portière ouverte avec les voitures garées, soyez très prudent aux carrefours et près des camions, dont l'angle mort dissimule parfois un cycliste pourtant tout proche, et n'oubliez pas que les rails de tramway et les pavés mouillés glissent. Quant à l'antivol, mieux vaut ne pas lésiner : les vols étant fréquents, on attache le cadre et une roue à un point fixe plutôt que le seul cadre à n'importe quoi.

Trois itinéraires faciles

  • La Seine – suivez les quais, des Tuileries à la tour Eiffel, en passant par le Louvre et Notre-Dame. Le trajet est plat et les vues sont célèbres, mais certains quais sont piétonniers et d'autres partagés, de sorte qu'il faut regarder les panneaux.
  • Le canal Saint-Martin et le bassin de la Villette – le canal, ouvert en 1825 à la suite d'une décision de Napoléon Ier datant de 1802, mesure environ 4,6 km, dont près de la moitié est souterraine, sous le boulevard Richard-Lenoir. La partie visible, avec ses neuf écluses, ses passerelles et ses quais, mène jusqu'au bassin de la Villette. Rouler sur les quais exige de la patience, entre les promeneurs, les terrasses et les pique-niqueurs.
  • La Coulée verte René-Dumont – cette promenade de 4,7 km, ouverte en 1993, suit l'ancienne ligne ferroviaire de Vincennes, dont le service voyageurs s'est arrêté en 1969. Elle part de Bastille, passe sur le viaduc des Arts, à environ dix mètres au-dessus de la rue, et se prolonge vers le bois de Vincennes. Attention : les règles applicables aux vélos selon les tronçons ne sont pas claires, et il vaut mieux les vérifier sur Paris.fr avant de partir.

Pour profiter de ces parcours, évitez si possible les heures de pointe : le matin en week-end ou à midi en semaine, les pistes sont plus libres. Et si vous ne vous sentez pas à l'aise, descendez et poussez votre vélo sur quelques mètres, puisque sur le trottoir vous redevenez piéton.

Pour y aller / Praktické info

Les chiffres du réseau sont sur Paris.fr. Pour Vélib', voyez le site velib-metropole.fr, où il vaut mieux lire, avant le premier trajet, comment louer, payer et rendre un vélo. Les règles de la route sont résumées sur les sites officiels de Service-Public et de la Sécurité routière.