Dans les années 1930 et 1940, certains écrivains parisiens avaient une adresse de travail qui n'était ni leur appartement ni une bibliothèque, mais une table de café. On y trouvait de la chaleur en hiver, du monde, et un garçon qui laissait rester des heures pour le prix d'une boisson. Cette habitude existe toujours, et elle explique pourquoi quelques terrasses de Saint-Germain et de Montparnasse sont devenues des monuments.
Le Procope, l'ancêtre
Le Procope, rue de l'Ancienne-Comédie, ouvre en 1686 d'après la date la plus souvent donnée. Son créateur, Francesco Procopio dei Coltelli, est un Sicilien arrivé en France en 1670. Au XVIIIe siècle, on y croise Voltaire, Diderot et d'Alembert. Attention aux légendes : on dit que l'idée de l'Encyclopédie est née là, mais les historiens y voient plutôt une belle histoire.
Flore et Les Deux Magots
Ces deux terrasses sont presque face à face sur le boulevard Saint-Germain. Le Café de Flore ouvre à la fin du XIXe siècle. Après 1939, il devient l'adresse de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir : ils y travaillent le matin, reviennent après le déjeuner pour discuter avec leurs amis, et reçoivent le soir. Chaque année en novembre, un jury y décerne le Prix de Flore, créé en 1994.
Les Deux Magots doivent leur nom à un magasin de nouveautés dont l'enseigne montrait deux statuettes chinoises. Le magasin devient café en 1884. Verlaine, Rimbaud et Mallarmé y passent, et les surréalistes se retrouvent là dans les années 1920. En 1933, un groupe d'amis trouve le prix Goncourt trop académique et crée son propre prix : le Prix des Deux Magots. Le premier gagnant est Raymond Queneau.
Montparnasse et la Closerie des Lilas
La Closerie des Lilas se trouve au 171 boulevard du Montparnasse. Des peintres, puis des poètes comme Paul Fort et Apollinaire y viennent. C'est aussi un lieu des écrivains américains installés à Paris dans les années 1920 : Ernest Hemingway et F. Scott Fitzgerald y sont associés. Les souvenirs parisiens de Hemingway, publiés après sa mort, s'appellent en français Paris est une fête. Lisez-les pour l'ambiance, mais ce sont des souvenirs reconstruits, pas un reportage.
Mode d'emploi
Voici quelques réflexes qui évitent les regards gênés :
- dites « Bonjour » en entrant et « Merci, au revoir » en partant ;
- « un café » veut dire un espresso ; pour un café plus grand, demandez « un café allongé » ;
- le prix change souvent selon la place (comptoir, salle, terrasse) : regardez la carte ;
- on n'apporte pas l'addition tout seul : demandez-la avec « L'addition, s'il vous plaît » ;
- on peut rester longtemps avec une boisson, mais restez raisonnable aux heures de déjeuner.
Pour y aller
Ces cafés sont très fréquentés par les touristes. Pour travailler au calme, venez tôt le matin ou un jour de semaine. Les horaires et la carte changent : consultez les sites officiels, par exemple cafedeflore.fr, lesdeuxmagots.fr et procope.com.

