Le 1er janvier 1895, des Parisiens découvrent sur les murs de leur ville une affiche haute et étroite. On y voit une femme aux cheveux sombres, avec une palme à la main. L'affiche annonce la pièce Gismonda, avec Sarah Bernhardt. Son auteur est un jeune illustrateur venu de Moravie : Alfons Mucha. Du jour au lendemain, il devient célèbre. Depuis plus d'un siècle, Paris accueille des artistes, des musiciens et des écrivains tchèques, et on peut encore suivre leurs traces.
Alfons Mucha et l'affiche de Sarah Bernhardt
Mucha s'installe à Paris en 1888. Il s'inscrit à l'Académie Julian, puis à l'Académie Colarossi, et il gagne sa vie comme illustrateur. Fin décembre 1894, Sarah Bernhardt téléphone à l'éditeur Lemercier : elle veut une nouvelle affiche pour Gismonda. La commande revient à Mucha. L'affiche est collée dans les rues dès le 1er janvier 1895 et lance sa carrière d'affichiste.
Il travaille alors dans un atelier du 6, rue du Val-de-Grâce, dans le 5e arrondissement. Le bâtiment est privé et ne se visite pas, mais il est protégé comme monument historique depuis 1972. À l'Exposition universelle de 1900, Mucha imagine son grand cycle L'Épopée slave. En 1910, un mécène américain, Charles Crane, accepte de payer ce projet, et Mucha quitte Paris pour Prague. Les vingt grandes toiles sont peintes entre 1912 et 1926.
František Kupka, un Tchèque à Puteaux
Kupka est né en Bohême. Il étudie à Prague et à Vienne, puis il s'installe à Paris : en 1894, il y est déjà. Vers 1906, il habite à Puteaux, dans la banlieue ouest, et il y vit jusqu'à sa mort, le 24 juin 1957.
C'est à Paris, vers 1910-1911, qu'il passe du réalisme à l'abstraction. Le Centre Pompidou possède aussi beaucoup d'œuvres de Kupka, que l'on peut voir dans sa collection en ligne. Les salles changent : consultez le site du musée avant de venir.
Écrivains et musiciens : Kundera, Martinů, Toyen
Milan Kundera quitte la Tchécoslovaquie en 1975. Il s'installe à Paris. Il devient citoyen français en 1981 et se considère comme un écrivain français. Il meurt à Paris le 11 juillet 2023. La République tchèque lui a rendu sa nationalité en 2019.
Le compositeur Bohuslav Martinů arrive à Paris en 1923. Il y découvre le jazz et le surréalisme. En 1931, il épouse une Française, Charlotte Quennehen. En 1940, quand les troupes allemandes approchent de Paris, il quitte la ville.
La peintre Toyen s'installe à Paris en 1947, juste avant le coup de Prague de 1948. Elle y rejoint le groupe surréaliste d'André Breton. Elle meurt à Paris le 9 novembre 1980 et repose au cimetière des Batignolles.
Le Centre tchèque, 18 rue Bonaparte
Pour un lieu bien vivant, allez dans le 6e arrondissement, près de Saint-Germain-des-Prés. Le Centre tchèque de Paris est au 18, rue Bonaparte. Il promeut la culture tchèque en France : expositions, concerts, films, soirées littéraires.
L'adresse a aussi une histoire. Au début de 1916, le Conseil national tchèque s'installe dans la cour de cet immeuble. Une plaque le rappelle. Elle a été dévoilée le 24 mars 2016 par le Premier ministre tchèque de l'époque, Bohuslav Sobotka.
Un parcours possible
- Matin : le Centre tchèque, rue Bonaparte, puis une promenade à Saint-Germain-des-Prés.
- Début d'après-midi : le Centre Pompidou, pour voir Kupka s'il est exposé.
- Fin d'après-midi : la rue du Val-de-Grâce, pour voir de l'extérieur la maison où Mucha avait son atelier.
Infos pratiques
Le Centre tchèque se trouve au 18, rue Bonaparte, 75006 Paris. Le métro est proche : lignes 4 (Saint-Germain-des-Prés) et 10 (Mabillon). Les horaires et le programme changent : consultez le site officiel du Centre tchèque. Pour Kupka, voyez le site du Centre Pompidou.

