Une gare, un panneau d'affichage qui bascule, quelques minutes avant le départ : tel est, très souvent, le point de départ d'un bon récit de voyage. Ce site est fait par des étudiants, et nous souhaitons y publier vos textes — un week-end à Paris, un échange en Bretagne, une nuit dans un train couchette, un village où rien ne vous destinait à mettre les pieds. Encore faut-il savoir comment transformer une expérience, qui n'est jamais qu'un amas de souvenirs, en article que l'on lise jusqu'au bout.
Il s'agit d'histoires vécues, écrites par vous, qu'elles se déroulent à Paris, en France ou n'importe où ailleurs. Nul besoin d'être écrivain : il faut un regard, des détails précis et une certaine honnêteté. Chaque proposition est relue avant publication, et nous pouvons vous demander de préciser un fait ou de raccourcir un passage.
Le voyage ordinaire a droit de cité
Un bon récit ne suppose pas des destinations prestigieuses. Une excursion en train vers une petite ville, une heure passée dans la boulangerie d'un quartier, un trajet qui n'a pas du tout suivi le plan prévu : tout cela peut fournir une matière tout aussi riche que la tour Eiffel, d'autant que le lecteur a déjà vu celle-ci cent fois. N'hésitez pas à raconter ce qui a mal tourné ; un train en retard ou un horaire mal lu constitue souvent un meilleur point de départ qu'une journée parfaite. Ce qui intéresse, c'est ce que vous avez remarqué et qu'un guide classique n'aurait pas signalé.
L'architecture d'un texte qui tient
Quatre ingrédients suffisent, pourvu qu'on les dose avec soin :
- Le crochet : la première phrase doit donner envie de poursuivre. Un fait inattendu, une scène, une question sont autant de manières d'y parvenir.
- La scène : un moment précis, avec un lieu, une heure, une action. « Le train avait quarante minutes de retard » est infiniment plus parlant que « Il y a eu des problèmes », qui ne dit rien, sinon que l'auteur n'a pas voulu choisir.
- Le détail : une odeur, un bruit, une phrase surprise au passage, un objet. C'est lui qui installe le lecteur sur le quai à votre place.
- Le conseil pratique : en conclusion, ce que vous referiez ou éviteriez, accompagné d'un lien vers le site officiel du lieu. Les prix et les horaires changent : ne les écrivez pas, renvoyez à la source.
Visez 700 à 1 000 mots par langue. Un texte plus court peut faire une excellente rubrique ; un texte plus long gagnera à être découpé en intertitres.
Écrire en deux langues sans trahir ni l'une ni l'autre
Écrivez d'abord dans la langue dans laquelle vous pensez le voyage, puis rédigez la seconde version en la reformulant, non en la traduisant mot à mot : une phrase tchèque qui sonne à merveille devient, calquée en français, maladroite, et inversement. Un outil de traduction peut dépanner pour un mot ou une tournure, mais un texte traduit automatiquement et non relu ne sera pas publié tel quel. Une méthode qui a fait ses preuves consiste à laisser reposer la première version pendant une journée, puis à écrire la seconde comme si vous racontiez l'histoire à un ami qui n'a pas lu l'original : les phrases en deviennent plus naturelles, et vous exercez au passage le vocabulaire rapporté du voyage. Relisez à voix haute, et demandez à votre professeur ou à un camarade de traquer les erreurs.
Personnes, photos et droits : ce qu'il ne faut pas négliger
- Les personnes : si quelqu'un est reconnaissable dans votre récit ou sur une photo, demandez-lui son accord et modifiez son nom s'il le souhaite. Évitez tout propos susceptible de blesser un inconnu ou de l'exposer.
- Les photos : n'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou des images sous licence libre (par exemple Creative Commons), en mentionnant l'auteur, la licence et le lien. Les images prélevées sur un autre site ne conviennent pas.
- Les textes : ne recopiez pas d'autres sources ; reformulez avec vos propres mots et indiquez vos références.
Une date, une distance, un nom de rue : vérifiez-les sur un site officiel (musée, ville, gare, ministère) avant de les écrire, et notez l'adresse. Si vous avez un doute, dites-le plutôt que d'affirmer. Mieux vaut une phrase de moins qu'une erreur de plus. Pour tout fait qui ne découle pas de votre propre expérience, joignez au texte ou à sa fin un lien vers la source : la rédaction le vérifiera avant la mise en ligne.
Le temps du récit : passé composé, imparfait et plus-que-parfait
Raconter en français, c'est avant tout savoir distribuer les temps. Le passé composé fait avancer l'histoire, il aligne les événements ; l'imparfait plante le décor, installe l'habitude, décrit ce qui durait pendant que l'action se produisait ; le plus-que-parfait, enfin, permet de remonter en arrière sans perdre le lecteur. Quelques repères :
- Le passé composé pour les événements : « Je suis arrivé à midi. »
- L'imparfait pour le décor : « Il pleuvait, la gare était pleine. »
- Les deux ensemble : « Il pleuvait quand je suis sorti. »
- Le plus-que-parfait pour l'antériorité : « Je m'étais trompé de quai, si bien que j'ai raté le train. »
- L'imparfait encore pour l'habitude : « Chaque matin, je prenais le même café. »
- Des phrases courtes, quand l'action s'accélère ; supprimez ce qui ne sert à rien.
- Des connecteurs variés : d'abord, puis, ensuite, alors, finalement, néanmoins.
- Le mot précis (« un croissant ») plutôt que le mot flou (« quelque chose »).
- L'accord du participe avec être : « Elle est arrivée », « Ils sont partis ».
- Un même temps dans tout un paragraphe de description, sauf raison valable de changer.
- Une fin qui laisse une idée ou une image, et non un « c'était super » : c'est la conclusion qui reste en mémoire.
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