Au sud de Paris, dans le 14e arrondissement, un parc de 34 hectares abrite 47 maisons qui représentent des pays ou des écoles : la Cité internationale universitaire. Selon son site officiel, elle accueille chaque année environ 12 000 étudiants, chercheurs et artistes issus de 150 nationalités. Pour l'étudiant tchèque qui rêve d'un semestre parisien, l'adresse mérite d'être connue ; encore faut-il se garder d'y voir la porte d'entrée du système, car elle n'en est qu'une étape. Un séjour d'études ou de stage en France se prépare comme un projet à part entière, avec ses interlocuteurs, son calendrier et ses malentendus.

Erasmus+ : la voie la plus directe, à condition d'en connaître les rouages

Quiconque est déjà inscrit dans une université tchèque emprunte le plus souvent Erasmus+. Le mécanisme est simple dans son principe : votre établissement a conclu un accord avec un partenaire français, votre faculté vous sélectionne, vous partez étudier ou effectuer un stage, et vous demeurez inscrit chez vous pendant tout le séjour. Dans le détail, en revanche, tout se complique : la durée, la bourse et les critères de sélection diffèrent d'une université à l'autre et évoluent au fil des périodes du programme. C'est pourquoi le premier interlocuteur n'est pas un site généraliste, mais le bureau des relations internationales de votre faculté, qui connaît les accords réellement en vigueur.

Pour comprendre l'architecture du programme, deux sources officielles s'imposent : le portail Erasmus+ de la Commission européenne et, en Tchéquie, le Dům zahraniční spolupráce (DZS), l'agence nationale qui gère les programmes de coopération éducative (dzs.cz).

Campus France : un guichet, non un passe-droit

Campus France est l'agence nationale de promotion de l'enseignement supérieur français. Son site propose un catalogue de formations, des conseils pour candidater et des rubriques consacrées au logement, à l'assurance maladie, au budget ou au compte bancaire. La République tchèque dispose d'un site dédié (republiquetcheque.campusfrance.org) et, d'après celui-ci, de bureaux à Prague et à Brno ; les services y sont gratuits.

Une précision rassurante pour les citoyens de l'Union européenne : ni visa ni titre de séjour ne sont requis pour étudier en France. Les démarches portent donc surtout sur l'inscription, le logement et la couverture santé, ce qui n'est pas négligeable, mais reste parfaitement praticable.

Les bourses : une porte qui s'ouvre de l'intérieur

Le gouvernement français propose également des bourses, tel le programme Eiffel, géré par Campus France et destiné aux masters et aux doctorats. La particularité mérite d'être soulignée : ce ne sont pas les étudiants qui déposent eux-mêmes leur candidature, mais les établissements français, de sorte que la démarche consiste d'abord à convaincre une institution d'accueil. Conditions, montants et calendriers changent d'une année à l'autre ; nous ne donnons volontairement aucun chiffre ici et vous renvoyons à la rubrique « bourses » de Campus France, ainsi qu'au service international de l'établissement visé.

DELF et DALF : mettre un sceau sur son niveau

Nombre d'universités exigent un justificatif de niveau en français. Les diplômes DELF (niveaux A1 à B2) et DALF (C1 et C2) sont délivrés au nom du ministère français de l'Éducation nationale, suivent l'échelle du CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues) et ne comportent aucune date d'expiration : on les passe une fois, et ils valent à vie. Cette validité change la perspective, puisqu'il ne s'agit pas d'un examen à repasser à chaque candidature, mais d'un acquis durable.

En Tchéquie, ces examens se passent à l'Institut français de Prague, qui leur consacre une page (ifp.cz, DELF et DALF), et dans plusieurs Alliances françaises du pays, à Brno par exemple. Dates, inscriptions et tarifs varient ; il convient de les vérifier sur place. Un conseil de méthode : viser le niveau qu'exige la future formation, ni en deçà, au risque d'un refus, ni au hasard, et se laisser le temps de préparer les épreuves orales, qui demandent un entraînement spécifique.

Se loger : la Cité universitaire et ses alternatives

La Cité internationale universitaire de Paris (CiuP) a été imaginée dans les années 1920 (le site évoque 1925) dans un esprit pacifiste : faire vivre ensemble des étudiants du monde entier. Outre les chambres, elle propose des bibliothèques, des restaurants, des installations sportives et plus de 1 000 événements par an. L'admission dépend du profil du candidat et des maisons ; informez-vous sur le site de la Cité.

Il serait pourtant réducteur de n'envisager que cette adresse prestigieuse. Ailleurs en France, les résidences du réseau universitaire, les colocations et les chambres chez l'habitant existent aussi, et Campus France consacre une rubrique au logement. L'essentiel est de comparer plusieurs pistes plutôt que de tout miser sur une seule.

Quatre mythes à congédier

  • « Il faut parler parfaitement français » : un niveau B1–B2 suffit pour beaucoup de formations, et certaines sont enseignées en anglais ; la vie quotidienne, en revanche, se déroule en français.
  • « Les études sont gratuites » : des frais d'inscription existent et varient selon le diplôme et l'établissement, de même que le coût de la vie ; renseignez-vous auprès de Campus France.
  • « Paris, sinon rien » : la France compte de nombreuses villes universitaires, et chaque région a ses atouts.
  • « Erasmus, c'est seulement pour faire la fête » : c'est un programme académique, avec un contrat d'études et des crédits à valider.

Pour y aller / Praktické info

Marche à suivre : 1) parlez à votre bureau des relations internationales ; 2) consultez Campus France ; 3) choisissez un examen (DELF ou DALF) et inscrivez-vous à l'Institut français ou à l'Alliance française la plus proche ; 4) préparez le logement et l'assurance maladie. Pour les détails à jour : DZS, Campus France, Institut français de Prague, Cité internationale universitaire.